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Angiosperme
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Magnoliidae, Magnoliopsida, Magnoliophyta, Angiospermae · Plantes à fleurs

Les Angiospermes (Angiospermae) sont des plantes vasculaires du groupe des Spermatophytes (les plantes Ă  graines). Ces vĂ©gĂ©taux, qui portent des fleurs puis des fruits, sont couramment appelĂ©s « plantes Ă  fleurs ». « Angiosperme » vient des mots grecs áŒ€ÎłÎłÎ”áż–ÎżÎœ / angeÄ«on, « vase, rĂ©ceptacle », et σπέρΌα / spĂ©rma, « graine », et signifie « graine dans un rĂ©cipient » — par opposition aux Gymnospermes (« graine nue ») qui sont leur groupe frĂšre. Elles reprĂ©sentent la plus grande partie des espĂšces vĂ©gĂ©tales terrestres (90 % Ă  96 % de la biodiversitĂ© vĂ©gĂ©tale en dehors des ocĂ©ans), avec prĂšs de 319 000 espĂšces rĂ©pertoriĂ©es en 2015cite-ref-1[1], sachant que prĂšs de 2 000 nouvelles espĂšces sont dĂ©couvertes chaque annĂ©ecite-ref-2[2]. Les Angiospermes comprennent les DicotylĂ©dones et les MonocotylĂ©dones.

D'un point de vue de la systématique, les plantes à fleurs forment un taxon considéré comme monophylétique qui a reçu plusieurs noms scientifiques et rangs taxinomiques. Outre le taxon Angiospermae qui a pu prendre de nombreux rangs différents, elles sont aussi classées comme la division des Magnoliophytes (Magnoliophyta), la classe des Magnoliopsides (Magnoliopsida, qui peut aussi correspondre aux Dicotylédones) ou la sous-classe des Magnoliidées (Magnoliidae, qui peut aussi correspondre à un taxon inférieur).

Les principales familles sont, en nombre décroissant d'espÚces, les Asteracées (ou Composées) qui représentent un peu plus de 10 % des plantes à fleurs, les Orchidacées (ou Orchidées) prÚs de 9 %, les Fabacées (ou Légumineuses) un peu plus de 6 %, les Rubiacées un peu plus de 4 %, les Poacées (ou Graminées) 3,5 %, les Lamiacées (ou Labiées) prÚs de 2,5 % et les Euphorbiacées 2 %cite-ref-3[3].

Les Angiospermes diffÚrent des autres plantes à graines par la présence des caractÚres suivants :

‱ la condensation des organes reproducteurs en une fleur ;
‱ la prĂ©sence d'un ovaire enveloppant les ovules, et qui se dĂ©veloppera pour donner un fruit ;
‱ la double fĂ©condation de l'ovule, qui donnera l'embryon et son tissu nourricier, l'albumen.

La fleur et le fruit, qui sont propres à ce groupe, entraünent, pour de nombreuses espùces, une interaction avec les animaux dans la reproduction (pollinisation par les insectes, zoochorie
).

Les Angiospermes dominent les paysages naturels terrestres tropicaux et tempĂ©rĂ©s, comme la savane ou la forĂȘt. Elles laissent la place aux rĂ©sineux (Pinophytes) et aux lichens dans les biotopes les plus froids. Elles sont aussi prĂ©sentes dans les milieux aquatiques (ZostĂšre
).

Contents

‱ Annexes

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Étymologie

Le terme angiosperme est composĂ© du grec ancien áŒ€ÎłÎłÎ”áż–ÎżÎœ / angeÄ«on, « rĂ©cipient », et σπέρΌα / spĂ©rma, « graine », soit littĂ©ralement « graine dans un rĂ©cipient ».

Apparition et histoire évolutive

L'avĂšnement des Angiospermes est un saut Ă©volutif en ce sens qu'elles enferment leurs ovules (puis leurs graines) dans un ovaire, ce qui les protĂšge, Ă  l'inverse de leur groupe frĂšre, les Gymnospermes (du grec sperma, « graines », et gymno, « nu »), qui ont des cĂŽnes femelles sur lesquels se dĂ©veloppent les ovules nus Ă  l'aisselle d'Ă©cailles ovulifĂšres. C'est sans doute ThĂ©ophraste qui, le premier, distingue les Angiospermes des Gymnospermes dans son atlas de botanique Historia plantarum. À la fin du XVIIe siĂšcle, John Ray utilise cette diffĂ©rence dans sa classification, qui est la premiĂšre tentative de classification naturelle de l'Ă©poque moderne, appuyĂ©e pour les Angiospermes sur le nombre de cotylĂ©dons de la graine. C'est de lui que date la distinction entre MonocotylĂ©dones et DicotylĂ©donescite-ref-4[4].

L'origine des Angiospermes Ă©tait pour Darwin un « abominable mystĂšre »cite-ref-5[5]. Certains servent cette formule « un peu Ă  toutes les sauces, dĂ©naturant quelque peu la pensĂ©e de Darwin ; d'autres prĂ©tendent mĂȘme l'avoir rĂ©solu, alors qu'il reste encore tant Ă  comprendre »cite-ref-6[6]. Bien que les plantes aient colonisĂ© la terre ferme il y a plus de 400 Ma (millions d'annĂ©es), l'Ăąge d'apparition des plantes Ă  fleurs n'Ă©tait pas connu.

Jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 2000, les plus anciens fossiles connus dataient d'un peu plus de 100 Ma. En 2012, un fossile de Montsechia vidalii, trouvĂ© dans le sud de l'Italie 58 ans aprĂšs la dĂ©couverte en Espagne de cette espĂšce — qui n'est sans doute pas la toute premiĂšre plante Ă  fleurs —, a Ă©tĂ© datĂ© Ă  130 Ma environcite-ref-7[7] ; il montre qu'une plante Ă  fleurs aquatique lacustrecite-ref-8[8] vivait en eau douce, d'une forme proche de l'actuel Ceratophyllum, mais avec des tiges principales nettement plus Ă©paissescite-ref-0-9-0[9]cite-ref-10[10]cite-ref-11[11]. Cette espĂšce serait caractĂ©ristique de milieux lacustres peu profonds, alcalins, oligotrophes et temporairescite-ref-0-9-1[9].

Le fossile de plante à fleurs éclose le plus ancien est Archaefructus liaoningensis, découvert en Chine et daté de 125 Ma AP (Crétacé). Une étude de 2013 a par ailleurs daté six différents grains de pollen de 240 Macite-ref-12[12]cite-ref-13[13]. En outre, une étude moléculaire publiée en 2007 montre que cinq grands groupes des Angiospermes seraient déjà apparus il y a 140 Macite-ref-14[14]. Un fossile découvert en Chine, Nanjinganthus dendrostyla, pourrait reculer l'ùge des angiospermes à 174 Ma AP (Jurassique inférieur), s'il appartient bien à ce groupecite-ref-15[15]cite-ref-16[16].

La plante à fleurs actuelle située le plus à la base de l'arbre phylogénétique des plantes à fleurs est Amborella trichopoda. Elle forme le clade frÚre de toutes les autres angiospermes dont l'apparition daterait d'environ 135 Macite-ref-17[17].

En 2019, un petit insecte coléoptÚre, Angimordella burmitina, a été décrit dans de l'ambre birman. Il est daté du tout début du Crétacé supérieur (Cénomanien), il y a environ 99 millions d'annéescite-ref-18[18]cite-ref-bao-2019-19-0[19]. Il porte sur ses poils une soixantaine de grains de pollens tricolpés caractéristiques des dicotylédones vraies. Il s'agit de la premiÚre preuve directe d'une pollinisation de plante à fleurs par un insectecite-ref-bao-2019-19-1[19].

Un modÚle numérique de climat suggÚre que les changements climatiques induits par la dislocation du supercontinent Pangée il y a 175 Ma auraient joué un rÎle important dans l'émergence et la diversification des plantes à fleurs. La fragmentation de la Pangée en continents et sous-continents a en effet ouvert des océans et des mers favorisant des courants océaniques qui auraient induit une augmentation graduelle des précipitations et l'expansion progressive des zones climatiques tempérées humides, tandis que les grandes ceintures désertiques des moyennes latitudes du Jurassique se seraient fractionnées au Crétacé. Ces changements climatiques auraient ainsi favorisé la radiation des Angiospermes des basses vers les hautes latitudescite-ref-20[20].

Une Ă©tude de 2017 a permis de modĂ©liser le gĂ©nome du dernier ancĂȘtre commun des plantes Ă  fleurs et de le dater de 214 Macite-ref-21[21]. Cet ancĂȘtre aurait 15 chromosomes porteurs de plus de 22 000 gĂšnes.

Une étude en 2018 suggÚre que le succÚs évolutif des Angiospermes s'explique en grande partie, non par leurs fleurs, mais par leurs feuilles. Il existe un large consensus scientifique[réf. souhaitée] sur le fait que la grande diversification des fleurs s'explique en grande partie par les innovations qui portent sur différents points de leur reproduction sexuée (fleur, modalités de pollinisation, graine et fruit) et par les coévolutions plantes-insectes et plantes-herbivores. L'origine de leur grand succÚs par rapport aux Ptéridophytes et aux Gymnospermes, qui dominaient la biosphÚre végétale au Crétacé, reste l'objet de nombreuses hypothÚses. Au début du Crétacé moyen, alors que le climat se réchauffe et que le niveau marin s'élÚve, les Angiospermes occupent pour la premiÚre fois les sous-bois des plaines d'inondation, en compétition avec les fougÚres et les conifÚres. Elles conquiÚrent de nouveaux habitats en bénéficiant d'innovations : des feuilles plus petites, une grande densité de stomates et de nervures favorisant un taux de transpiration et de photosynthÚse plus importants, et donc une croissance initiale accrue des plantules. Elles auraient acquis ces avantages grùce à leur génome plus petit que celui des Gymnospermes, associé à un noyau et à une cellule végétale également plus petits, assurant un « pavage » plus dense de leurs feuillescite-ref-22[22].

Les angiospermes forment donc un groupe « jeune » et qui s'est rapidement diversifié dans un environnement déjà riche, en subissant une pression de sélection de la part de nombreux autres groupes (en particulier des animaux, comme les insectes). Ceci permet de comprendre l'adéquation ou symbiose qui existe aujourd'hui entre de nombreux Angiospermes et certains animaux.

Tendances évolutives

Les grandes tendances évolutives chez les Angiospermes concernent son appareil végétatif et reproducteur. L'appareil végétatif est caractérisé par la lignification à la sortie des eaux, donnant les premiÚres angiospermes (petits arbres peu ramifiés, à feuilles persistantes) qui deviennent des plantes herbacées par la suite. La contraction des axes floraux donne des inflorescences plus compactes. L'appareil reproducteur se caractérise par la cyclisation des piÚces florales et la diminution de leur nombre, la diminution du nombre de piÚces par verticille, la protection accrue des sporophyllescite-ref-23[23] et l'adaptation à une pollinisation par divers animauxcite-ref-24[24].

Reproduction des Angiospermes

Les Angiospermes présentent le systÚme reproductif le plus évolué des végétaux. Ce sont d'ailleurs les organes reproducteurs (fleurs et fruits) qui sont les caractéristiques les plus visibles du groupe.

Reproduction chez les Angiospermes

Organisation des piĂšces florales

Les termes « fleur » et « plante » sont souvent confondus par les non-botanistes. Or, les fleurs ne constituent que la partie reproductive de certaines plantes — les plantes Ă  fleur. La fleur est constituĂ©e de plusieurs piĂšces, dont les Ă©tamines (constituant la partie mĂąle) et le pistil (constituant la partie femelle). Une fleur hermaphrodite est une fleur possĂ©dant Ă  la fois Ă©tamines et pistil.[rĂ©f. souhaitĂ©e]

Répartition des sexes chez les plantes à fleurs

Les Angiospermes sont à reproduction majoritairement sexuée, avec quelques cas de parthénogenÚse (pissenlits).

La majoritĂ© (70 %) sont hermaphrodites (les individus ont les deux sexes), avec en gĂ©nĂ©ral des fleurs mixtes (voir Herkogamie). Cependant, chez d'autres espĂšces, les fleurs mĂąles et femelles sont sĂ©parĂ©es sur le mĂȘme individu (espĂšces monoĂŻques, telles que le noisetier et le maĂŻs). D'autres combinaisons sont possibles (fleurs hermaphrodites et fleurs mĂąles sur le mĂȘme pied par exemple).

Quelques espÚces (environ 7 %) sont à sexes séparés sur plantes séparées (les individus sont mùles ou femelles, par exemple le houx, le kiwi, on parle d'espÚce dioïque), voire fleur hermaphrodite et fleur femelle sur pieds différents (espÚce gynodioïque). Enfin, on note des cycles reproductifs plus curieux, comme le cas du figuier.

Les individus ne sont pas nĂ©cessairement autofĂ©condables, c'est-Ă -dire que la fĂ©condation n'est pas toujours possible sur la mĂȘme plante (nombreux cultivars de pommiers).

Cycle de vie des Angiospermes

Comme toutes les plantes, les Angiospermes présentent une alternance entre deux états : l'état sporophytique et l'état gamétophytique. Cependant, cette alternance fait partie d'un cycle trÚs déséquilibré : la phase gamétophytique est trÚs réduite dans l'espace et dans le temps, ce qui correspond à une meilleure adaptation au milieu de vie non aquatique des Angiospermes. En effet, l'exposition au soleil augmentant les risques de mutations, une dominance de la phase sporophytique (au plus grand niveau de ploïdie) évite d'exprimer directement les mutations récessives. De plus, le sporophyte (par exemple un arbre) est invariablement plus résistant chez les plantes.

Les gamĂ©tophytes mĂąle et femelle correspondent respectivement au grain de pollen et au sac embryonnaire chez les Angiospermes. Le grain de pollen et le sac embryonnaire (lui-mĂȘme contenu dans l'ovule, d'oĂč une possible confusion) ne sont donc pas des gamĂštes, puisqu'ils contiennent les gamĂštes ou les futurs gamĂštes.

Grain de pollen

Généré par les anthÚres, le grain de pollen correspond au gamétophyte mùle. Il renferme deux à trois cellules et est entouré d'une double paroi formée du matériau le plus résistant du monde vivant : la sporopollénine, qui le rend fossilisable. Cette paroi est constituée de deux couches non cellulaires : l'intine, interne, qui est continue et sécrétée par le gamétophyte, et l'exine, externe, qui présente des apertures et qui est sécrétée par le sporophyte. Dans le cas d'un pollen bicellulaire, le grain de pollen contient une cellule végétative (qui germera pour former le tube pollinique) et une cellule génératrice (qui correspond aux futures gamÚtes mùles, il s'agit d'une cellule n'ayant pas accompli sa deuxiÚme division de méiose). Dans le cas du pollen tricellulaire, la cellule génératrice a déjà accompli sa deuxiÚme division de méiose.

Sac embryonnaire

Le sac embryonnaire peut ĂȘtre monosporĂ© ou tĂ©trasporĂ©, c'est-Ă -dire provenir d'une seule mĂ©gaspore du sporophyte ou d'une tĂ©trade de spores issues de la mĂȘme mĂ©iose. C'est un tissu (non pas un gamĂšte) gamĂ©tophytique (contenant le gamĂšte femelle). Il peut prĂ©senter 7 ou 4 cellules. Dans le cas d'un sac embryonnaire Ă  sept cellules, y sont prĂ©sents :

‱ l'oosphĂšre, c'est-Ă -dire la cellule fĂ©condable ou le gamĂšte femelle ;
‱ deux synergides, cellules adjuvantes de la fĂ©condation qui forment un tore autour de l'oosphĂšre et qui assumeront le rĂŽle de sas pour faire transiter le gamĂšte mĂąle. Ces cellules peuvent Ă©ventuellement gĂ©nĂ©rer un embryon non zygotique dans certains cas de reproduction asexuĂ©e ;
‱ trois antipodes situĂ©s Ă  l'autre bout du sac embryonnaire ;
‱ une cellule centrale Ă  deux noyaux (dits polaires) qui fusionneront avec le deuxiĂšme gamĂšte mĂąle lors de la double fĂ©condation pour Ă©ventuellement donner l'albumen.

Le sac embryonnaire renferme donc et protĂšge le gamĂšte femelle dont il favorisera la fĂ©condation. Il est lui-mĂȘme enfermĂ© dans le nucelle Ă  l'intĂ©rieur de l'ovule bitĂ©gumentĂ©.

Pollinisation

Du fait de leur immobilitĂ©, la pollinisation d'un vĂ©gĂ©tal terrestre par un autre gĂ©ographiquement Ă©loignĂ© pose une difficultĂ©. Si une possibilitĂ© est de s'en remettre au vent (pollinisation anĂ©mophile), les Angiospermes prĂ©sentent la particularitĂ© que leur pollen est trĂšs souvent transportĂ© par des espĂšces animales (pollinisation zoophile), principalement des insectes (pollinisation entomogame) mais aussi des chauve-souris, des marsupiaux (pollinisation cheiroptĂ©rogame, rencontrĂ©e chez le baobab) et des oiseaux (pollinisation ornithogame), qui se trouvent ĂȘtre attirĂ©s par la couleur, la forme, l'odeur ou le nectar des fleurs (ce qui permet aux auteurs de dire que dans une fleur, les pĂ©tales participent Ă©galement Ă  la rencontre des gamĂštescite-ref-25[25]). Et en effet, l'organisation des piĂšces florales et les mĂ©canismes créés par la fleur jouent un rĂŽle trĂšs particulier dans la fĂ©condation. Par exemple, un insecte pollinisateur ne va tirer le nectar d'une fleur Ă  symĂ©trie bilatĂ©rale que s'il peut l'atteindre d'un certain angle. Ce mĂ©canisme augmente la probabilitĂ© pour l'insecte que le pollen soit dĂ©posĂ© sur une partie de son corps et qu'il soit distribuĂ© au sein d'une mĂȘme espĂšce de fleur quand l'animal va butiner de fleur en fleur. Ces particularitĂ©s de transfert entraĂźnent la diminution du flux de gĂšnes entre populations divergentes et favorise la spĂ©ciation des vĂ©gĂ©taux.

Ceci est le cas de Rafflesia arnoldii, la fleur la plus grosse du monde qui existe seulement en Indonésie. Cette fleur, de la taille d'un pneu de voiture, attire les mouches pollinisatrices par une odeur de putréfactioncite-ref-26[26]. C'est pourquoi des phénomÚnes comme la disparition des abeilles (syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles) pourraient avoir des conséquences sur l'évolution de la biodiversité des plantes à fleurs dans les années à venir.

La fécondation

La fécondation se fait par germination du pollen sur le pistil, sans nécessité d'humidité comme dans le cas des fougÚres (caractÚre qu'ils partagent avec les autres Spermaphytes).

Chez les Angiospermes la fécondation présente trois caractéristiques essentielles:

‱ elle est siphonogame : le grain de pollen aperturĂ© possĂ©dant deux ou trois cellules voit sa cellule vĂ©gĂ©tative germer et former un tube pollinique qui acheminera, Ă  l'aide de son cytosquelette, le gamĂšte mĂąle (cas du pollen tricellulaire) ou la cellule gĂ©nĂ©ratrice (cas du pollen bicellulaire) qui y effectuera sa seconde division de mĂ©iose. En ceci la siphonogamie correspond Ă  un total affranchissement de l'eau pour la fĂ©condation.
‱ elle est anisogame : le gamĂšte femelle est de loin le plus massif des deux (le grain de pollen Ă©tant souvent trĂšs dĂ©shydratĂ©, les cellules qu'il contient ont un espace cytoplasmique trĂšs rĂ©duit). Ceci implique que l'embryon possĂšde systĂ©matiquement les caractĂšres cytoplasmiques de sa mĂšre. La transmission des gĂšnes chloroplastiques et mitochondriaux (qui jouent un rĂŽle important dans certains cas de rĂ©sistance aux pesticides comme l'atrazine ou aussi dans des cas de stĂ©rilitĂ© mĂąle) n'est pas mendelienne. La mĂšre transmet son cytoplasme en bloc et donc son gĂ©nome mitochondrial et chloroplastique.
‱ elle est double : les gamĂštes mĂąles acheminĂ©s par le grain de pollen vont fusionner leurs noyaux (caryomixie) avec ceux de deux cellules diffĂ©rentes. Une premiĂšre caryomixie entre gamĂšte mĂąle et oosphĂšre donnera l'embryon, une autre entre le second gamĂšte mĂąle et les noyaux centraux de l'ovule conduira Ă  une cellule triploĂŻde qui formera l'albumen de la graine.

Voir aussi : le tube pollinique, le stigmate

La graine

Une fois fécondée, l'oosphÚre se développera en embryon. L'ovule contenant le sac embryonnaire qui la renfermait va donc former la graine (quant à l'ovaire, il formera le fruit vrai, l'ensemble graine et fruit étant appelé diaspore). On détermine trois catégories principales de graines en fonction de leur lieu de stockage des réserves :

‱ Les graines albuminĂ©es ou graines Ă  albumen. Les deux produits de la double fĂ©condation s'y dĂ©veloppent ensemble : le zygote polarisĂ© donne l'embryon et le noyau triploĂŻde (3x) de la cellule centrale se divise trĂšs vite au sein de la mĂȘme cellule (coenocyte), puis a lieu une Ă©tape de cloisonnement cellulaire pour former un tissu nourricier : l'albumen. La noix de coco par exemple prĂ©sente un « lait » qui correspond en fait Ă  la phase coenocytique de son dĂ©veloppement. ObservĂ© au microscope, le « lait » de coco rĂ©vĂšle qu'il est en fait un continuum de cytoplasme : c'est une cellule gĂ©ante ayant un trĂšs grand nombre de noyaux. Une fois cellularisĂ©, ce coenocyte formera le coprah ; Exemples : MagnoliacĂ©es, EuphorbiacĂ©es (HĂ©vĂ©a, ricin, manioc), OmbellifĂšres, PoacĂ©es (ou GraminĂ©es).
‱ Les graines exalbuminĂ©es, sans albumen. Les divisions du noyau triploĂŻde central s'interrompent trĂšs vite mais l'embryon se dĂ©veloppe normalement Ă  partir du zygote. Il stockera ses rĂ©serves dans ses cotylĂ©dons ; Exemples : RosacĂ©es (pommier), FabacĂ©es (ou LĂ©gumineuses), ComposĂ©es, JuglandĂ©es (noyer).
‱ les graines Ă  pĂ©risperme, sans albumen. Les divisions du noyau triploĂŻde central s'interrompent aussi trĂšs rapidement. L'embryon ne stocke pas ses rĂ©serves lui-mĂȘme, c'est le nucelle qui assumera cette fonction en devenant le pĂ©risperme. Exemples : MusacĂ©es (bananier), NymphĂ©acĂ©es, ChĂ©nopodiacĂ©es (betterave, Ă©pinard).

La graine peut ĂȘtre plus ou moins dĂ©shydratĂ©e. La longĂ©vitĂ© Ă©tant proportionnelle au degrĂ© de dĂ©shydratation, certaines graines (notamment pour les plantes des rĂ©gions intertropicales sans saison dĂ©favorable) le sont peu (exemple: fĂšve du cacaoyer), d'autres le sont Ă  des niveaux extrĂȘmes (masse d'eau infĂ©rieure Ă  1 % de la masse totale chez Nelumbo, le lotus d'Asie dont la longĂ©vitĂ© est de l'ordre du millier d'annĂ©es.)

Le fruit

La formation du fruit résulte de la transformation du pistil aprÚs la fécondation, ou parfois sans fécondation (on parle dans ce cas de parthénocarpie). C'est plus précisément la paroi de l'ovaire (partie du pistil qui renferme l'ovule) qui devient la paroi du fruit, appelée péricarpe, entourant les graines. L'épiderme externe de cette paroi devient l'épicarpe, le parenchyme devient le mésocarpe, et l'épiderme interne, l'endocarpe. Selon les transformations de cette paroi, on obtient les différents types de fruits : charnus (baie, drupe), secs déhiscents ou indéhiscents.

Dans certains cas, le fruit peut avoir une origine plus complexe et résulter soit :

‱ de la transformation d'autres parties de la fleur, notamment le rĂ©ceptacle floral. On parle dans ce cas de faux-fruit. L'exemple le plus connu de faux-fruit est la pomme ou la fraise.
‱ soit de la transformation de plusieurs fleurs d'une inflorescence. C'est par exemple le cas du fruit du mĂ»rier, la mĂ»re, l'ananas.

Voir aussi : péricarpe, akÚne, baie, drupe, fruit parthénocarpique, fruit charnu, fruit sec.

La dispersion des descendants

L'ensemble fruit et graine est appelé diaspore, le fruit est une structure uniquement ovarienne (c'est pourquoi on parle dans de nombreux cas de « faux fruits », la pomme, la fraise en faisant partie) tandis que la graine provient de l'ovule.

La graine et le fruit correspondent Ă  une certaine forme de viviparitĂ©. L'embryon des Angiospermes se dĂ©veloppe dans un premier temps protĂ©gĂ© et alimentĂ© par son parent femelle, puis est libĂ©rĂ©, dans un Ă©tat de vie ralentie (diapause), muni de protections et de rĂ©serves alimentaires (le fruit). Certains fruits prĂ©sentent en plus des caractĂ©ristiques permettant la dispersion sur des distances importantes. On peut citer les aigrettes des pissenlits, qui font que le vent transporte les graines sur des dizaines de mĂštres. Citons aussi la mise Ă  contribution de mammifĂšres pour le transport (par accrochage dans les poils ou, moins important il faut l'admettre dans les chaussettes de campeurs). Un autre mode de dispersion s'observe quand des animaux consomment certains fruits : ils peuvent alors lĂącher la graine et ses enveloppes non comestibles loin de son parent (avant ou aprĂšs transit intestinal, selon). Il est par ailleurs clair qu'un mimĂ©tisme et une coĂ©volution peuvent ĂȘtre en cause dans l'adaptation des plantes Ă  fleurs Ă  la faune capable de disperser leur progĂ©niture. On connaĂźt par exemple certaines graines dont la dormance est spĂ©cifiquement levĂ©e par des enzymes digestives d'animaux spĂ©cifiques (par exemple certains acacias africains).

Spécificité des conditions naturelles

Étant fixĂ©es et en milieu non aqueux, les Angiospermes ont Ă  faire face Ă  un trĂšs grand nombre de pressions sĂ©lectives. c'est en particulier pour cette raison qu'elles sont beaucoup plus diversifiĂ©es que les Thallophytes (algues) qui, elles, se dĂ©veloppent au sein d'un milieu trĂšs peu changeant. De fait les Angiospermes reprĂ©sentent le sous-embranchement le plus diversifiĂ© des Chlorobiontes (lignĂ©e verte). Cette diversification passe nĂ©cessairement par une diversitĂ© gĂ©notypique. Ainsi la descendance d'une angiosperme en conditions sauvages a toujours tendance Ă  ne pas ĂȘtre homogĂšne, et donc Ă  prĂ©senter une trĂšs large gamme de gĂ©notypes diffĂ©rents.

Pour entretenir cette diversité génétique, les plantes ont recours à l'allogamie (régime de reproduction sexuée chez les espÚces dont les individus s'interfécondent systématiquement, par opposition à l'autogamie qui a été sélectionnée par l'Homme, nous verrons pour quelles raisons) qui rend incontournable la large diffusion du pollen. Une seule descendance compte ainsi un trÚs grand nombre de génotypes différents qui conduiront à des phénotypes dont certains seront certainement trÚs bien adaptés au milieu (les autres mourront). Les plus adaptés disposant ensuite de la reproduction asexuée pour se multiplier avant d'avoir atteint la maturité sexuelle. On connaßt divers modes favorisant l'allogamie (s'opposant à l'autogamie).

‱ Les systĂšmes d'(auto)IncompatibilitĂ© sporophytiques et gamĂ©tophytiques (SIS et SIG). Il s'agit de rĂ©actions de rejet de l'autopollen (pollen provenant du soi). On l'a vu, le grain de pollen est composĂ© de deux Ă  trois cellules et est entourĂ© du sporoderme essentiellement composĂ© du matĂ©riau le plus rĂ©sistant chez le Vivant : la sporopollenine. ce sporoderme se compose de deux couches : l'intine et l'exine dont les origines sont trĂšs diffĂ©rentes. L'exine (qui prĂ©sente les apertures) a Ă©tĂ© synthĂ©tisĂ©e par le sporophyte, et prĂ©sente donc certaines molĂ©cules (RNAses et glycoprotĂ©ines) qui rĂ©sultent de l'expression d'allĂšles sporophytiques. Ces protĂ©ines sont reconnues lorsque l'autopollen arrive au niveau du stigmate, et elles dĂ©clenchent l'autoincompatibilitĂ© Sporophytique (par reconnaissance de molĂ©cules synthĂ©tisĂ©es par le sporophyte). Ce rejet se rencontre dans le cas de pollen tricellulaire. L'autoincompatibilitĂ© GamĂ©tophytique repose sur le mĂȘme principe, mais est basĂ©e sur la reconnaissance de substances synthĂ©tisĂ©es par le gamĂ©tophyte mĂąle (c'est-Ă -dire le grain de pollen chez les Angiospermes). Ces substances sont contenues dans l'intine et sont reconnues au moment de la germination du pollen qui est alors rejetĂ©. Le SIS se rencontre chez des espĂšces Ă  pollen bicellulaire.
‱ Les dĂ©calages de maturitĂ©. Chez certaines espĂšces les piĂšces mĂąles de la fleur sont matures avant les piĂšces femelles (protandrie) ou aprĂšs (protogynie, plus rare), ce qui rĂ©duit considĂ©rablement le nombre d'autofĂ©condations.
‱ Le dimorphisme floral : les espĂšces ayant dĂ©veloppĂ© ce systĂšme prĂ©sentent deux types d'individus en proportions Ă©gales dans leur population. Des individus Ă  fleurs longistylĂ©es (style long, stigmate au-dessus des Ă©tamines, petits grains de pollen et grosses papilles stigmatiques) et des individus Ă  fleurs brĂ©vistylĂ©es (style court, Ă©tamines au-dessus du stigmate mais gros grains de pollen et petites papilles stigmatiques). Ce dimorphisme empĂȘche l'autofĂ©condation car dans les deux cas l'autopollen ne peut pas pĂ©nĂ©trer le stigmate du style, soit parce qu'il est trop gros, soit parce que le style est trop haut.

Les plantes à fleurs de haute altitudecite-ref-27[27] (notamment la saussurée cotonneuse (vi) et le lepidostemon de l'Everest (vi), découverts en 1937 par l'explorateur Eric Shipton, qui atteignent 6 400 m d'altitude ; la sabline à feuilles de mousses, la saxifrage de l'Everest (vi) et l'androsace du Khumbu collectées en 1952 par le botaniste Albert Zimmerman à une altitude de 6 350 m) sont de plus en plus étudiées pour analyser leur mécanisme de résistance au gelcite-ref-28[28].

La multiplication asexuée

Les Angiospermes disposent d'un trĂšs grand nombre de possibilitĂ©s de multiplication asexuĂ©e (mode de reproduction uniparental mais pas nĂ©cessairement clonal). On a dĂ©jĂ  citĂ© les diverses parthĂ©nogenĂšses, mais existent aussi des procĂ©dĂ©s plus connus liĂ©s Ă  la fragmentation du thalle (certaines graminĂ©es non sĂ©lectionnĂ©es par l'Homme ayant besoin d'ĂȘtre modĂ©rĂ©ment piĂ©tinĂ©es pour mieux se rĂ©pandre par multiplication asexuĂ©e clonale dans le milieu). Ces procĂ©dĂ©s sont liĂ©s Ă  la totipotence des cellules vĂ©gĂ©tales non apoptotiques (c'est-Ă -dire les cellules dont la mort n'est pas « programmĂ©e », soit la quasi-totalitĂ© des cellules vĂ©gĂ©tales, celles constituant les divers systĂšmes circulatoires Ă©tant apoptotiques ou semi-apoptotiques). On pourra citer l'exploitation de cette potentialitĂ© par l'Homme, notamment les techniques de bouturage, de marcottage forcĂ© ou simplement la fragmentation des rhizomes ou des tubercules. Les Angiospermes utilisent des extensions racinaires ou caulinaires comme les stolons et les drageons, notamment chez Populus, un peuplier pouvant ne rĂ©sulter que d'un drageon, un bois entier peut n'ĂȘtre en rĂ©alitĂ© qu'un seul individu. C'est aussi le cas chez le bambou qui, pour compenser sa grande lenteur Ă  gĂ©nĂ©rer des fleurs (parfois plusieurs dizaines d'annĂ©es avant d'atteindre la maturitĂ© sexuelle) se multiplie d'une façon surabondante par Ă©mission de rhizomes.

Enfin on pourra aussi citer la multiplication asexuĂ©e clonale par apoflorie : formation de bourgeons mitotiques appelĂ© bulbilles, qui deviennent de petits individus dĂ©veloppant leurs cormus (feuilles, tige et racine) sur la plante elle-mĂȘme avant d'en ĂȘtre dĂ©tachĂ©s. On observe ce mode de reproduction chez Kalanchoe pinnata en particulier (plante sacrĂ©e des AztĂšques).

L'atout essentiel du succÚs évolutif des Angiospermes vis-à-vis des Gymnospermes aura été le recours massif à la multiplication asexuée qui permet de multiplier les phénotypes adaptés à leur environnement sans que les individus n'aient nécessairement atteint la maturité sexuelle.

L'anatomie et la croissance

Les Angiospermes ont des tailles de quelques millimĂštres Ă  une centaine de mĂštres (eucalyptus par exemple).

Les Angiospermes sont en majorité phototrophes, tirant leur énergie chimique de la lumiÚre solaire et leur carbone du dioxyde de carbone atmosphérique. Quelques espÚces sont partiellement parasites (gui), d'autres le sont totalement, ou sont saprophytes et, dans ces deux derniers cas, sont dépourvues de chlorophylle. Citons le cas de mycotrophes, des Angiospermes sans chlorophylle vivant en relation symbiotique avec des champignons (certaines orchidées, et les monotropes).

Les Angiospermes, comme les autres Spermatophytes, développent un systÚme racinaire important leur permettant de puiser dans le sol l'eau et les sels minéraux dont ils ont besoin. Les racines sont souvent le siÚge de symbioses avec les bactéries du sol, en particulier pour le métabolisme de l'azote. Certaines espÚces, vivants fréquemment sur des sols trÚs pauvres, complÚtent leur apport en azote par la capture d'animaux (plantes carnivores).

Voir aussi : méristÚme, liber, phloÚme, xylÚme, racine, mode de ramification des plantes à fleur, feuille

Systématique

Les 369 000 espĂšces sont rĂ©parties en 12 000 genres appartenant Ă  environ 445 familles, elles-mĂȘmes rĂ©unies en 56 ordres (contre seulement 700 espĂšces de Gymnospermes selon les estimations les plus larges). Elles dominent la flore terrestre. La clĂ© de leur succĂšs Ă©volutif rĂ©side dans l'amĂ©lioration des modes de fĂ©condation et de dissĂ©mination des graines en relation Ă©troite avec les animaux, en particulier la coĂ©volution entre les insectes pollinisateurs et les plantes du CrĂ©tacĂ©, ce qui entraĂźne chez ces derniĂšres une augmentation de leur diversitĂ© gĂ©nĂ©tique et leur permet de coloniser tous les milieuxcite-ref-29[29]cite-ref-30[30].

En France, les angiospermes comprennent environ 150 familles contenant 6 000 espĂšcescite-ref-31[31].

On distingue diffĂ©rents ordres de divergences anciennes, et deux grands ensembles, les monocotylĂ©dones, qui incluent entre autres les graminĂ©es (blĂ©, maĂŻs, bambou), les dattiers ou les plantes Ă  bulbes (jonquille, oignon, poireau), et les dicotylĂ©dones vraies, qui incluent aussi bien le chĂȘne que la pomme de terre, les orties ou les artichauts. Les monocotylĂ©dones rassemblent prĂšs de 20 % des espĂšces et les dicotylĂ©dones prĂšs de 80 %cite-ref-32[32].

L'histoire des classifications botaniques montre que les systématiciens essayent de se rapprocher d'une description de plus en plus précise des groupes végétaux en fonction des liens de parenté entre espÚces. Les derniers systÚmes de classification publiés sont celui d'Arthur Cronquist en 1981, utilisé dans de nombreux ouvrages, et plus récemment, la classification APG IV (proposée par l'Angiosperm Phylogeny Group) en 2016 fondée sur la phylogénie moléculairecite-ref-apgiv-33-0[33].

Classification

Selon les classifications, les plantes Ă  fleurs sont :

‱ la division des Magnoliophyta, contenant deux classes, les Liliopsida (monocotylĂ©dones) et les Magnoliopsida (dicotylĂ©dones) : classification classique de Cronquist (1981)cite-ref-cronquist1981-34-0[34] et classifications classiques de Takhtajan (1987cite-ref-35[35], 1997cite-ref-36[36] et 2009cite-ref-37[37]) ;
‱ la classe des Magnoliopsida (cependant, le nom Magnoliopsida se rapporte le plus souvent aux DicotylĂ©donescite-ref-cantino-38-0[38]) :

‱ la classe des Magnoliopsida divisĂ©e en deux sous-classes, les Liliidae (monocotylĂ©dones) et les Magnoliidae (dicotylĂ©dones) : Dahlgren (1980)cite-ref-39[39], Thorne (1992)cite-ref-40[40] ;
‱ la classe des Magnoliopsida divisĂ©e en 12 sous-classes : Thorne et Reveal (2007)cite-ref-41[41] ;
‱ la classe des Magnoliopsida, divisĂ©e en de nombreux super-ordres, de la division de Tracheophyta (plantes vasculaires) : ITIS (9 juillet 2022)cite-ref-itis9-juillet-2022-42-0[42], World Register of Marine Species (9 juillet 2022)cite-ref-wrms9-juillet-2022-43-0[43] ;
‱ la super-classe des Angiospermae contenant la seule classe des Magnoliopsida, de la division de Tracheophyta : Ruggiero et al. (2015)cite-ref-ruggiero-et-al-2015-44-0[44], IRMNG (9 juillet 2022)cite-ref-irmng9-juillet-2022-45-0[45] ;

‱ la sous-classe des Magnoliidae, de la classe des Equisetopsida qui regroupe toutes les plantes terrestres : classification APG III selon Chase et Reveal (2009)cite-ref-chase-reveal2009-46-0[46], Tropicos (9 juillet 2022)cite-ref-tropicos9-juillet-2022-47-0[47], INPN (9 juillet 2022)cite-ref-inpn9-juillet-2022-48-0[48].

Quant au nom Angiospermae, il a pu prendre les rangs de sous-rĂšgne, division (ou phylum), sous-division, infra-division, super-classe et classecite-ref-49[49].

Selon Chase et Revealcite-ref-chase-reveal2009-46-1[46], d'aprÚs la classification phylogénétique APG III (2009)cite-ref-apgiii-50-0[50], applicable à la classification phylogénétique APG IV (2016)cite-ref-apgiv-33-1[33] :

(angiospermes) sous-classe des Magnoliidae NovĂĄk ex Takht., 1967

‱ super-ordre des Amborellanae M.W.Chase & Reveal, 1948
‱ super-ordre des Nymphaeanae Thorne ex Reveal, 1992
‱ super-ordre des Austrobaileyanae Doweld ex M.W.Chase & Reveal, 2009


‱ non classĂ© : Chloranthales Mart., 1835 (ou super-ordre des Chloranthanae Doweld, 2001)
‱ super-ordre des Magnolianae Takht., 1967

‱ ordre des Canellales Cronquist, 1957
‱ ordre des Laurales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Magnoliales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Piperales Bercht. & J.Presl, 1820

‱ super-ordre des Lilianae Takht., 1967 (monocotylĂ©dones)

‱ ordre des Acorales Mart., 1835
‱ ordre des Alismatales R.Br. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Asparagales Link, 1829
‱ ordre des Dioscoreales Mart., 1835
‱ ordre des Liliales Perleb, 1826
‱ ordre des Pandanales R.Br. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Petrosaviales Takht., 1997


‱ non classĂ© : famille des Dasypogonaceae Dumort., 1829 (ou ordre des Dasypogonales Doweld, 2001)

‱ ordre des Arecales Bromhead, 1840
‱ ordre des Commelinales Mart., 1835
‱ ordre des Poales Small, 1903
‱ ordre des Zingiberales Griseb., 1854

‱ super-ordre des Ceratophyllanae Takht. ex Reveal & Doweld, 1999

‱ ordre des Ceratophyllales Link, 1829


‱ super-ordre des Buxanae Takht. ex Reveal & Doweld, Novon 9: 549 30 Dec 1999

‱ ordre des Buxales Takht. ex Reveal, 1996

‱ super-ordre des Proteanae Takht., 1967

‱ ordre des Proteales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820

‱ super-ordre des Ranunculanae Takht. ex Reveal, 1992

‱ ordre des Ranunculales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820


‱ super-ordre des Myrothamnanae Takht., 1997

‱ ordre des Gunnerales Takht. ex Reveal, 1992

‱ non classĂ© : famille des Dilleniaceae Salisb., 1807 (ou ordre des Dilleniales DC. ex Bercht. & J. Presl, 1820, super-ordre des Dillenianae Takht. ex Doweld, 2001)
‱ non classĂ© : ordre des Saxifragales Bercht. & J.Presl, 1820 (ou super-ordre des Saxifraganae Reveal, 1994)
‱ super-ordre des Rosanae Takht., 1967

‱ ordre des Vitales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820


‱ ordre des Celastrales Link, 1829
‱ ordre des Cucurbitales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Fabales Bromhead, 1838
‱ ordre des Fagales Engl., 1892
‱ ordre des Malpighiales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Oxalidales Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Rafflesiales Mart., 1835
‱ ordre des Rosales Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Zygophyllales Link, 1829


‱ ordre des Brassicales Bromhead, 1838
‱ ordre des Crossosomatales Takht. ex Reveal, 1993
‱ ordre des Geraniales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Huerteales Doweld, 2001
‱ ordre des Malvales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Myrtales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Picramniales Doweld, 2001
‱ ordre des Sapindales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820

‱ super-ordre des Berberidopsidanae Thorne & Reveal, 2007

‱ ordre des Berberidopsidales Doweld, 2001

‱ super-ordre des Caryophyllanae Takht., 1967

‱ ordre des Caryophyllales Takht., 1967

‱ super-ordre des Santalanae Thorne ex Reveal, 1992

‱ ordre des Santalales R.Br. ex Bercht. & J.Presl, 1820

‱ super-ordre des Asteranae Takht., 1967

‱ ordre des Cornales Link, 1829
‱ ordre des Ericales Bercht. & J.Presl, 1820


‱ non classĂ©s : familles des Boraginaceae Juss., 1789, des Icacinaceae Miers, 1851, des Metteniusaceae H.Karst. ex Schnizl., 1860–1870, des Oncothecaceae Kobuski ex Airy Shaw, 1965 et des Vahliaceae Dandy, J.Hutchinson, 1959 (ou ordre des Boraginales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820, des Icacinales Tiegh., 1900, des Metteniusales Takht., 1997, des Oncothecales Doweld, 2001 et des Vahliales Doweld, 2001)

‱ ordre des Garryales Mart., 1835
‱ ordre des Gentianales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Lamiales Bromhead, 1838
‱ ordre des Solanales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820


‱ ordre des Apiales Nakai, 1930
‱ ordre des Aquifoliales Senft, 1856
‱ ordre des Asterales Link, 1829
‱ ordre des Bruniales Dumort., 1829
‱ ordre des Dipsacales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820
‱ ordre des Escalloniales Link, 1829
‱ ordre des Paracryphiales Takht. ex Reveal, 1992

Phylogénie

ConformĂ©ment Ă  l'APG IV (2016), les principaux groupes d’angiospermes vivants actuellement sontcite-ref-51[51] :

En 2024, Alexandre R. Zuntini et ses collÚgues ont construit un arbre de quelque 6 000 genres de plantes à fleurs, représentant environ 60 % des genres existants, sur la base de l'analyse de 353 gÚnes nucléaires dans chaque spécimen. Une grande partie de la phylogénie existante est confirmée ; la phylogénie des rosidés est réviséecite-ref-zuntini-et-al-2024-55-0[55].

Dernier ancĂȘtre commun

La reconstruction du dernier ancĂȘtre commun des angiospermes est rendue difficile par le grand nombre de polyploĂŻdisations intervenues au cours de leur histoire Ă©volutive. De proche en proche, on a pu reconstituer le caryotype ancestral des poacĂ©es (7 chromosomes), des monocotylĂ©dones (5), des eudicotylĂ©dones (7) puis du dernier ancĂȘtre commun (15), comportant plus de 20 000 gĂšnes conservĂ©s. Selon l'horloge molĂ©culaire, cet ancĂȘtre aurait vĂ©cu au Trias, vers 214 Ma (comme les premiers insectes pollinisateurs, diptĂšres et hymĂ©noptĂšres). La fleur ancestrale Ă©tait bisexuĂ©e et de symĂ©trie radiale. Elle comportait au moins quatre verticilles d'organes de trois types, tous libres : plus de dix tĂ©pales (non diffĂ©renciĂ©s en sĂ©pales et pĂ©tales), plus de cinq carpelles distribuĂ©s en spirale et plus de dix Ă©tamines Ă  anthĂšres introrsescite-ref-56[56]cite-ref-57[57].

Importance pour l'Homme

Les Angiospermes ont une importance économique de premier ordre pour les sociétés humaines.

Non seulement ils fournissent la plupart de nos aliments, directement (céréales, légumes, fruits) ou indirectement (alimentation du bétail, de la volaille), mais encore ils fournissent, avec certains Poacées (Bambou
) et Euphorbiacées (Hévéa) une large diversité de matiÚres premiÚres pour la construction, depuis au moins le Néolithique. Ainsi, ils fournissent des matériaux de construction (bois, bambou) que ce soit pour l'habitation, le transport (bateaux, brouettes), le mobilier ou l'outillage ; des fibres textiles (coton, lin), du combustible (bois), des fibres de cellulose (papier), des substances médicinales, des colorants naturels, des éléments de décors (plantes vertes, jardinage), etc.

La sĂ©lection et la culture intensive des Angiospermes est le domaine de l'agronomie, de l'agriculture ou de la sylviculture. Et justement, l'Homme a rĂ©alisĂ© un trĂšs rigoureux travail de sĂ©lection pour conserver les caractĂšres l'intĂ©ressant le plus. L'immense majoritĂ© des espĂšces domestiquĂ©es prĂ©sente des caractĂšres que la sĂ©lection naturelle dĂ©favorise. En effet l'Homme cherche essentiellement Ă  fixer des caractĂšres intĂ©ressants (gros fruits, belles fleurs, nombreuses graines, gros tubercules
) et en cela il doit s'opposer au trĂšs fort brassage gĂ©nĂ©tique que rĂ©alisent naturellement les Angiospermes. Aussi l'Homme a donc tendance Ă  contourner les systĂšmes favorisant l'allogamie et Ă  sĂ©lectionner les rares systĂšmes favorisant l'autogamie (comme les systĂšmes basĂ©s sur l'anatomie de la fleur organisĂ©e de telle sorte que l'autofĂ©condation est obligatoire : carĂšne enroulĂ©e, cleistogamie sĂ©lectionnĂ©e chez les blĂ©s Triticum et chasmogamie). Eu Ă©gard Ă  l'intĂ©rĂȘt Ă©conomique que suscitent les plantes cultivĂ©es, l'Homme a rĂ©alisĂ© de nombreux travaux de recherche pour rĂ©pondre Ă  des problĂ©matiques de rendement : « quels sont les moyens d'obtenir une descendance homogĂšne du mĂȘme sexe chez des espĂšces dioĂŻques » quand, chez les asperges par exemple, les pieds mĂąles sont systĂ©matiquement plus productifs, ce qui a donnĂ© lieu Ă  la crĂ©ation des « super mĂąles » d'asperges (une sorte d'Ă©quivalent d'un gĂ©notype YY chez l'Homme) capables de donner une descendance 100 % mĂąle. D'importants travaux ont Ă©tĂ© menĂ©s en ce qui concerne la famille des CannabacĂ©es (Houblon et Chanvre) qui elle aussi gĂ©nĂšre un intĂ©rĂȘt Ă©conomique (lĂ©gal ou non) Ă©vident.

Il rĂ©sulte de ces procĂ©dĂ©s de sĂ©lection que les plantes ainsi choisies par l'Homme sont souvent homozygotes pour tous leurs couples d'allĂšles (car nĂ©es d'un rĂ©gime d'autogamie entretenu sur un trĂšs grand nombre de gĂ©nĂ©rations), voire qu'elles constituent tout simplement un clone (ensemble d'individus partageant le mĂȘme gĂ©notype) comme ce fut le cas chez la pomme de terre cultivĂ©e Solanum tuberosum dont toutes les cultures europĂ©ennes Ă©taient en fait un clone au XIXe siĂšcle. Ceci entraĂźna une rĂ©ponse homogĂšne face au mildiou (Phytophtora infestans) et les rĂ©coltes furent invariablement dĂ©truites. Le polymorphisme Ă©tant la seule rĂ©ponse des systĂšmes vivants aux Ă©pidĂ©mies et aux pressions sĂ©lectives, le monomorphisme imposĂ© par l'Homme pour la pomme de terre provoqua la destruction des rĂ©coltes et la derniĂšre grande famine de l'histoire en Europe, notamment en Irlande oĂč presque 50 % de la population trouva la mort, ce qui favorisa une large vague d'immigration vers les États-Unis.

Annexes

Publication originale

‱ Lindley, J (1830): Introduction to the Natural System of Botany. London: Longman, Rees, Orme, Brown, and Green. Page xxxvi. (Lire en ligne).

Bibliographie

‱ Spichiger, Rodolphe-Édouard et al. - Botanique systĂ©matique avec une introduction aux grands groupes de champignons. - 4e Ă©dition entiĂšrement revue et augmentĂ©e. - Lausanne: Presses polytechniques et universitaires romanes (PPUR), 2016. - x, 448p. - (ISBN 978-2-88915-134-9). - Voir : Chapitre 5 - Les Angiospermes, p. 95-376 [Ce volumineux chapitre traite de 39 ordres et 106 familles considĂ©rĂ©s comme les plus importants et les plus reprĂ©sentatifs des Angiospermes.]
‱ naik1984v-n-naik1984(en) V.N. Naik, Taxonomy of Angiosperms, Tata McGraw-Hill Education, 1984, 304 p. (lire en ligne)

Articles connexes
Liens externes

‱ (en) « Angiosperm Phylogeny Website », sur www.mobot.org (consultĂ© le 8 juillet 2022)
‱ kelberklaus-peter-kelber(en) KLaus-Peter Kelber, « Angiosperms, Introductions to both Fossil and Recent Plant Taxa, Links for Palaeobotanists », sur www.equisetites.de (consultĂ© le 8 juillet 2022)
‱ bachmanbrownle-onic-lughadha2024steven-p-bachmanmatilda-j-m-browntarciso-c-c-le-oeimear-nic-lughadha2024(en) Steven P. Bachman, Matilda J. M. Brown, Tarciso C. C. LeĂŁo et Eimear Nic Lughadha, « Extinction risk predictions for the world's flowering plants to support their conservation », New Phytologist, vol. 242, no 2,‎ avril 2024, p. 797–808 (ISSN 0028-646X et 1469-8137, DOI 10.1111/nph.19592, lire en ligne, consultĂ© le 24 juin 2024)

Angiospermae

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Magnoliopsida

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